Tepo Jarvinen est un chirurgien traumatologue, qui pratique de l’Evidence Based Orthopedic.
L’étude dont il nous parle, le FIMPACT trial, a étudié des arthroscopies factices par rapport à des chirurgies de décompression sous-acromiale.

Je vous propose un petit condensé de ce qui se dit dans le podcast, pour:

  • Vous aider à choisir si vous voulez l’écouter ou non, pour les anglophones.
  • En tirer l’essentiel, pour les anglophobes.

À raconter à vos patients

Connaissance académique

Utile au cabinet


Tepo revient sur ce que l’on sait déjà sur la décompression sous-acromiale :

  • Elle représente 4,5 millions de visites annuelles, 3 milliards de coûts (aux USA)
  • 44-70% de ces patients ont obtenu un diagnostic de conflit sous-acromial.

Les patients inclus dans l’étude présentent les signes typiques du conflit, ainsi qu’une imagerie positive, et la démarche clinique a procédé à l’exclusion d’autres sources potentielles de douleurs (y compris les déchirures de la coiffe des rotateurs).

Il restait 200 patients après exclusion. Ils ont été répartis en 3 groupes:

  1. Un groupe “physiothérapie” (kinésithérapie)
  2.  Un groupe “chirurgie placebo”
  3. Un groupe “chirurgie de décompression”

Le patient-type souffrait d’une douleur d’épaule depuis plus de 3 mois, avait entre 35 et 65 ans, sa douleur se situait dans la région sub-acromiale lors de l’élévation, et il était non-répondeur à d’autres traitements conservateurs.

Les résultats étaient évalués à 3, 6, 12 et 24 mois après la chirurgie.

Les 3 groupes ont constaté une vraie amélioration de leur douleur au repos et de la douleur pendant l’activité,  les Outcomes (résultats) principaux de l’étude.
Dans les 3 groupes, la douleur avait diminué de moitié à trois mois.
La comparaison principale a été effectuée entre les 2 groupes chirurgicaux, et aucune différence significative n’a été observée entre ces deux groupes.

Le FIMPACT trial est maintenant la 5ème ou 6ème étude à répliquer ces résultats : peut être qu’il serait mieux de ne plus pratiquer cette opération?

Pour Tepo, la vrai morale de cette étude c’est qu’il ne faudrait pas rajouter à nos traitement habituels des techniques qui n’ont pas été rigoureusement testées, même si elles sont basés sur un raisonnement anatomique ou biomécanique sérieux : c’est ce qui avait été fait pour l’acromioplastie, et on voit le résultat dans cette étude.

Les orateurs tiennent à noter que l’on n’a pas non plus d’excellentes preuves en faveur du traitement conservateur : à défaut de l’opération, cela peut être proposé aux patients. Il faut toutefois être aussi rigoureux dans l’évaluation à laquelle on soumet la kinésithérapie qu’on ne l’a fait pour la chirurgie.

Trop de pratiques sont encore réalisées alors qu’elles ne sont pas évaluées correctement. C’est l’objet du congrès Preventing Overdiagnosis. Avec un peu d’auto-dérision, Tepo rappelle que si les “gros bœufs” de la chirurgie orthopédique ont su questionner et changer leurs pratiques, il faut que les autres domaines de la médecine et de la santé suivent.

L’interviewer estime important de supprimer les soins inutiles pour pouvoir payer ceux qui le sont, et propose de rationaliser les soins effectués grâce aux preuves scientifiques de leur (in)efficacité.
Sur le plan scientifique, Tepo est un peu le roi de la “chirurgie simulée” et a prévu de tester un grand nombre de chirurgies une par une pour les évaluer.

On peut suivre son travail sur www.sicbo.com

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